Assassin's Creed Valhalla, sorti en novembre 2020 sur consoles et PC, est un jeu en monde ouvert d'Ubisoft qui te plonge dans l'Angleterre des années 870, dans la peau d'Eivor, un guerrier ou une guerrière viking partie de Norvège pour fonder une colonie en terre anglo-saxonne. Raids en drakkar, rencontre avec les fils de Ragnar Lodbrok, face-à-face avec Alfred le Grand et détours par Asgard : pour un passionné de culture nordique, c'est l'une des immersions vikings les plus abouties du jeu vidéo. On fait le tour complet.
Quelle est l'histoire d'Assassin's Creed Valhalla ?
L'aventure démarre dans les fjords de Norvège, quelques années après la mort de Ragnar Lodbrok. Tu incarnes Eivor, du clan du Corbeau, marqué dans l'enfance par le massacre de sa famille. Devenu adulte, Eivor et son frère adoptif Sigurd refusent de plier devant le roi Harald, qui unifie la Norvège, et mettent le cap sur l'Angleterre pour s'y tailler un avenir.
Là-bas, tout tourne autour de ta colonie, Ravensthorpe, installée en Mercie. Chaque raid, chaque alliance, chaque cargaison de ressources sert à la faire grandir : forge, taverne, atelier de tatouage, banquets qui boostent ton clan. Autour, l'Angleterre fragmentée des années 870 : le Wessex d'Alfred le Grand, la Mercie, l'Est-Anglie et la Northumbrie, à conquérir ou à rallier région par région, pendant que la grande armée païenne d'Ivar le Désossé et de ses frères redessine la carte.
Peux-tu choisir qui est Eivor ?
Oui, et c'est l'une des bonnes idées du jeu. Tu choisis de jouer Eivor en homme ou en femme, à tout moment de la partie, sans aucune différence d'histoire ou de gameplay. Clin d'œil appréciable aux femmes guerrières des sagas, comme Lagertha, l'épouse légendaire de Ragnar. La personnalisation va loin : tatouages, peintures de guerre, barbe, armure, et même la figure de proue de ton drakkar.
Le jeu est-il fidèle à la vraie histoire viking ?
Sur le cadre historique, Valhalla fait le travail sérieusement. L'Angleterre des années 870 est exacte : la grande armée païenne débarquée en 865, le Danelaw en formation, Alfred le Grand en dernier rempart anglo-saxon. Les fils de Ragnar, Ivar le Désossé, Ubba et Halfdan, sont des personnages attestés par les chroniques, comme on te l'explique dans notre article sur Ragnar Lodbrok. Et détail qui compte pour nous : aucun casque à cornes à l'horizon, Ubisoft a respecté la réalité archéologique.
La vie quotidienne est soignée : maisons longues, jeux de dés et d'orlog, joutes verbales de flyting héritées de la tradition poétique nordique, drakkars crédibles. La bande-son porte l'ensemble, avec la participation d'Einar Selvik, le fondateur du groupe Wardruna déjà derrière la musique de la série Vikings.
Les libertés existent, évidemment : Eivor et la confrérie des Assassins sont fictifs, les complots de l'Ordre des Anciens relèvent de la pure saga vidéoludique, et l'Angleterre du jeu se pille un peu trop facilement. Mais l'esprit est là.
Quelle place pour la mythologie nordique ?
C'est le gros bonus pour les amoureux des mythes. Par des rituels de vision, Eivor explore Asgard et Jotunheim et y croise Odin, Loki ou les géants, dans des quêtes inspirées des Eddas. Sans tout te divulgâcher : le lien entre Eivor et Odin est au cœur du scénario, et la fin réserve une vraie relecture du Ragnarök.
Le jeu regorge de symboles authentiques : les corbeaux compagnons, échos de Hugin et Munin que tu retrouves dans notre collection corbeaux d'Odin, l'arbre-monde Yggdrasil, les runes gravées sur les armes et les pierres dressées. Si ces signes te parlent, notre collection runes vikings prolonge l'expérience dans le monde réel.
Quels sont les points forts et les limites du jeu ?
| Points forts | Limites |
|---|---|
| Immersion viking exceptionnelle : raids, colonie, drakkars, banquets | Une durée de vie énorme qui peut diluer le rythme du récit |
| Reconstitution crédible de l'Angleterre du IXe siècle | Quelques quêtes secondaires répétitives |
| Combats à deux armes nerveux et personnalisables | Système de gestion des deux armes parfois peu instinctif |
| Volet mythologique riche : Asgard, Jotunheim, Ragnarök | Des bugs au lancement, depuis largement corrigés |
| Bande-son d'Einar Selvik et flyting poétique | Arbre de compétences touffu, peu lisible au début |
Que valent les DLC et extensions ?
Ubisoft a soutenu le jeu pendant plus de deux ans. Trois extensions payantes sont sorties : La Colère des Druides t'emmène en Irlande sur fond de mysticisme gaélique, Le Siège de Paris rejoue le grand raid viking de 885 contre la Francie, dans la droite ligne des assauts lancés depuis l'époque de Ragnar, et L'Aube du Ragnarok, la plus ambitieuse, te fait incarner Odin lui-même dans le royaume nain de Svartalfheim. Côté gratuit, La Saga Oubliée propose un mode roguelite dans les brumes de Niflheim, et des festivals saisonniers ont fait vivre Ravensthorpe au rythme de Yule et des fêtes nordiques, dont on te raconte les vraies origines dans notre article sur Yule, la véritable origine de Noël.
Comment se passent les raids et les combats ?
Le raid est le cœur battant du jeu. Tu sonnes la corne, ton drakkar accoste, ton clan déferle sur un monastère ou un camp fortifié, et tout l'or récolté part dans le développement de Ravensthorpe. Brutal, spectaculaire, et fidèle dans l'esprit à ce que furent les raids historiques, monastères y compris : c'est exactement ainsi que l'âge viking a commencé à Lindisfarne en 793, comme on te le raconte dans notre article sur l'histoire des Vikings.
Côté combat, Valhalla assume le côté berserker. Tu peux combiner deux armes au choix, hache et bouclier, double hache, fléau, lance ou même deux boucliers pour les plus joueurs. Les assauts sont lourds, viscéraux, ponctués de capacités spéciales comme le lancer de hache ou la pluie de flèches. L'infiltration chère à la saga reste possible, capuche relevée et lame secrète au poignet, mais rien ne t'oblige à la discrétion : Eivor n'est pas un assassin qui chuchote, c'est un Viking qui rugit.
Sur quelles plateformes jouer à Valhalla ?
Le jeu est disponible sur PlayStation 4 et 5, Xbox One et Series, et PC. Les versions nouvelle génération tournent en 60 images par seconde et profitent de temps de chargement quasi nuls. Bonne nouvelle pour les retardataires : l'édition complète, régulièrement bradée, regroupe le jeu et toutes ses extensions pour une fraction du prix de lancement.
Valhalla vaut-il encore le coup aujourd'hui ?
Franchement, oui. Avec ses mises à jour terminées, son contenu complet et son prix devenu très accessible, c'est même le meilleur moment pour s'y plonger. Compte une bonne soixantaine d'heures pour l'histoire principale, le double pour tout explorer. Si tu cherches une épopée viking dense, belle et étonnamment respectueuse de la culture nordique, Eivor t'attend.
Et si, manette posée, tu veux garder un peu du clan du Corbeau avec toi, jette un œil à nos bracelets vikings et à l'ensemble de nos bijoux vikings : hache de moins, Mjöllnir de plus.


